Photographe

Marion Esnault

11 h, sur le Vieux-Port, c’est presque un samedi matin comme les autres. Les pêcheurs vendent les bonites, daurades et autres produits de la mer fraîchement pêchés et les marseillais profitent d’une matinée d’octobre très ensoleillée.

11 h 30, sous l’ombrière, des pancartes sont posées sur des barrières et un rassemblement commence à se dessiner autour. On peut y lire : « La planète avant le profit », « Ici, les vivants qui veulent le rester » ou encore « T’es bonne sans carbone ». La Marche pour le climat de Marseille se prépare.

Parmi les premiers présents, Adeline (à gauche) et ses collègues du Zoo de la Barben, venus en covoiturage de Salon-de-Provence et coiffés d’une partie de leur déguisement d’ours blanc : « Il fait bien trop chaud pour mettre tout le costume ! » s’exclame Adeline pour ensuite ajouter : « L’ours blanc n’est qu’un symbole. Tout est lié, le changement climatique, c’est plus global et nous, on est venu apporter notre pierre à l’édifice. »

Devant la foule qui s’attroupe sous l’ombrière, une banderole se déploie. C’est le groupe local de Greenpeace Marseille qui veut faire une piqûre de rappel aux habitants de la région sur le danger que représentent les rejets toxiques déversés dans le massif national des calanques par l’usine Alteo de Gardanne : « En 2020, c’est la moitié de la quantité actuelle déversée qui sera autorisée. Mais ils iront ensuite rejeter ces liquides toxiques dans les collines. Alors, on a la même banderole sauf qu’on remplace nos calanques par nos collines ! Le changement climatique est une lutte globale mais c’est au niveau local qu’on peut agir concrètement. Et c’est ce qu’on est venu dire aux Marseillais », explique David, chargé de communication de Greenpeace Marseille.

12 h, la marche s’ébranle. Au mégaphone, Boris, un des citoyens organisateurs, rappelle que la Marche est zéro déchet et qu’après son passage, la rue doit être plus propre qu’avant !

En tête de cortège, Garance, 17 ans (à gauche), qui vient de Gap, dans les Hautes-Alpes, et Sofia, 18 ans (à droite), qui vient d’Agadir au Maroc. Elles se sont toutes deux motivées à venir marcher après avoir vu la vidéo #Ilestencoretemps des 19 créateurs de vidéos (ou youtubeurs). Toutes deux sont très positives sur l’avenir : « Il y a de plus en plus d’initiatives citoyennes qui prouvent que ça change. Par exemple, cette semaine, le capitaine d’un bateau de croisière a été condamné pour ne pas avoir respecté les normes de pollution dans le port de Marseille » explique Sofia. « On va y arriver si on se rassemble, ça va changer ! » poursuit Garance.

Un peu plus loin, Claude, porte fièrement une pancarte « Moins de degrés, sauf pour la bière » : « Je suis tombé dessus. Elle était posée avec les autres sous l’ombrière du port. C’est très second degré — c’est le cas de le dire ! — mais ça ne peut pas faire de mal vu la situation […] Je suis plutôt individualiste, avoue-t-il, mais je ne veux pas que mes petits-enfants crament. »


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