Photographe

Marion Esnault

Intention photographique

Nous avons toutes et tous besoin d'un moyen d'expression. Le mien est la photographie.
C'est ma manière de partager mon regard sur cette société à la fois réjouissante et désespérante.

Quand je déambule au quotidien dans les rues avec mon appareil photo, j’observe autour de moi la frénésie de la vie qui s’opère dans l’espace public. Quand je sillonne des lieux inconnus, je pose mes yeux neufs et naïfs avant d’empoigner mon appareil photo et de déclencher pour témoigner.
Nous vivons dans une société de l’image, toujours plus abondante. L’ascension des réseaux sociaux dans toutes les sphères de la vie, et dans toutes les classes sociales a accéléré cette omniprésence de la photographie. Dans cette masse innombrable, les clichés qui retiennent l’attention de la majorité, et des médias, sont les plus dramatiques, les plus spectaculaires, pour ne pas dire les plus sanglants.
Après 10 ans de pratique photographique et 5 ans de militantisme sur les enjeux climatiques, j'ai voulu me lancer un défi : réaliser des reportages photographiques sur les impacts locaux des activités des multinationales françaises d'énergies fossiles. L'objectif : mettre un peu de lumière sur les désastres sociaux et environnementaux auxquels elles participent. Sans pour autant avoir une approche spectaculaire et dramatique. C'est comme ça que j'ai découvert l’existence des Zones sacrifiées du Chili, et de Vaca Muerta, la "Dubaï argentine".
De retour en France, début 2018, les mouvements sociaux m'ont amenée à faire la curieuse avec mon appareil photo, toujours en essayant de décaler le regard et le point de vue. C'est ainsi que sont nés les reportages Zone de vie, zone de guerre à la ZAD de Notre-dame-des-landes et 1er mai, 50 ans après mai 68 dans les rues parisiennes.