Photojournaliste

Marion Esnault

Intention photographique

Nous avons toutes et tous besoin d'un moyen d'expression. Les miens sont la photographie et l'écriture.
C'est ma manière de partager mon regard sur cette société à la fois réjouissante et désespérante.
Quand je déambule au quotidien dans les rues avec mon appareil photo, j’observe autour de moi la frénésie de la vie qui s’opère dans l’espace public. Quand je sillonne des lieux inconnus, je pose mes yeux neufs et naïfs avant d’empoigner mon appareil photo et de déclencher, pour témoigner. Nous vivons dans une société de l’image, toujours plus abondante. L’ascension des réseaux sociaux dans toutes les sphères de la vie, et dans toutes les classes sociales a accéléré cette omniprésence de la photographie. Dans cette masse innombrable, les clichés qui retiennent l’attention de la majorité, et des médias, sont les plus dramatiques, les plus spectaculaires, pour ne pas dire les plus sensationnels.

En 2017, après 10 ans de pratique photographique et 5 ans de militantisme sur les enjeux climatiques, je me suis lancée un défi : réaliser des reportages photographiques sur les activités des multinationales françaises d'énergies fossiles en me focalisant sur les conséquences pour les communautés locales. Mon objectif : mettre un peu de lumière sur les désastres sociaux et environnementaux auxquels ces acteurs mondiaux de l'énergie participent. Sans pour autant avoir une approche spectaculaire et dramatique. C'est comme ça que j'ai découvert l’existence des "Zones sacrifiées" dans le désert d'Atacama au Chili, et en Patagonie argentine. En 2019 et 2020, je suis de retour sur le continent sud-américain pour poursuivre mes projets photographiques sur les Zones sacrifiées où les entreprises françaises Engie et Total sont impliquées.

En France, la photogaphie et l'écriture sont devenus un prolongement de mon engagement pour une métamorphose de la société vers un nouveau paradigme soutenable : les mouvements sociaux m'ont amenée à faire la curieuse avec mon appareil photo, toujours en essayant de décaler le regard et le point de vue. C'est ainsi que sont nés les reportages Zone de vie, zone de guerre à la ZAD de Notre-dame-des-landes et 1er mai, 50 ans après mai 68 dans les rues parisiennes.