Photojournaliste

Marion Esnault

Zone de vie, zone de guerre

Le 17 janvier 2018, le gouvernement français annonce l’abandon du projet d’aéroport de Notre-dame-des-landes. Presque 10 ans auparavant, une ZAD (Zone à défendre) s’est créée sur les terrains qui devaient accueillir ce grand projet inutile imposé (GPII), comme le nomment les mouvements écologiques et sociaux.

Cette ZAD, ce sont des fermes historiques qui ont refusées l’expropriation, ce sont des individus - désormais appelés zadistes - qui sont venus occuper des terrains pour y construire des projets agricoles, artisanaux ou culturelles. La ZAD, finalement, c’est un lieu de vie où on trouve des fermes maraichères, des bibliothèques, des ateliers de poterie, une halle au marché, un café. Enfin, c’était. En effet, depuis le 9 avril 2018, le gouvernement d’Emmanuel Macron a lancé une opération militaire en déployant 2500 gendarmes pour « déconstruire » - ou plutôt détruire - les habitations dites illégales qui se sont construites sur la ZAD depuis des années.

Le premier week-end après le début de cette offensive, le 14 et 15 avril 2018, des milliers de personnes venues de toutes parts ont manifesté leur soutien à celles et ceux qui se battent pour que cette expérimentation de modes de vie durables et collectifs survive.

Retour sur un week-end, pas vraiment comme les autres, dans le bocage.